dimanche, 18 mars 2007
JACOB COMBAT L’ANGE
Cet épisode biblique est l’un des plus surprenants
« Et Jacob resta seul. Et quelqu'un lutta avec lui jusqu'au lever de l'aurore. Voyant qu'il ne le maîtrisait pas, il le frappa à l'emboîture de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant qu'il luttait avec lui. Il dit : "Lâche-moi, car l'aurore est levée", mais Jacob répondit : "Je ne te lâcherai pas, que tu ne m'aies béni »Il lui demanda : "Quel est ton nom ?"- "Jacob", répondit-il. Il reprit :"On ne t'appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as été fort contre Dieu et contre les hommes et tu l'as emporté ». Jacob fit cette demande : "Révèle-moi ton nom, je te prie", mais il répondit : "Et pourquoi me demandes-tu mon nom ?" et, là même, il le bénit. Jacob donna à cet endroit le nom de Penuel, "car, dit-il j'ai vu Dieu face à face et j'ai eu la vie sauve » Gn 32 ; 23-31
Les interprétations sont nombreuses mais je voudrais simplement regarder comment ce combat est rendu par quelques artistes:
1 Le combat est réel et semble égal
2 Jacob combat l’ange de toutes ses forces mais ce dernier est supérieur
3 Jacob et l’Ange sont figés comme si le combat était irréel ou comme s’ils dansaient
4 Le combat est intégré dans une autre scène
20:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, bible, art, jacob
mercredi, 20 décembre 2006
VIERGE MARIE ENCEINTE DE JESUS
J'apprends par la radio, Europe1, qu'un fabricant de santons d'Aubagne, a créé une figurine de la Vierge Marie, enceinte de Jésus, figurine qu'on peut placer dans la crèche en attendant la nuit du 24-25 décembre.
Or il paraît que certains fidèles sont choqués et protestent, le curé déclare que ce n'est pas habituel mais qu'il n'y "a pas de quoi fouetter un chat"
Jusqu'où ira la bétise et l'ignorance des dits chrétiens !! Ils n'ont jamais dû comprendre qu'il existait 9 mois de gestation entre l'Annonciation (25 mars) et la Nativité (25 décembre); ni lire la prière de l'Ave Maria "et Jésus le fruit de vos entrailles est béni", ni entendre parler de la Visitation de Marie à Elisabeth, ni voir tous les tableaux de cette scène... Voir http://imagesbible.jexiste.fr/FICHES/F_NT_visitation.htm
Cela tombe justement avec une exposition sur la représentation de "Marie enceinte " organisée par le Musée de la cathédrale de Salzbourg http://www.kirchen.net/dommuseum/page.asp?id=8451
dont je joins 2 images, l'une de Marie enceinte, l'autre qui montre l'embryon dans son ventre, cette dernière représentation fut
d'ailleurs jugée de mauvais goût après le concile de Trente. ![]()
Marie France Morel (voir article précédent) a écrit un article sur ces représentations.
Et c'est sans doute au XIXème s. que l'image d'une Marie enceinte a disparu, comme toutes les femmes enceintes d'ailleurs, qui devaient se cacher. Mais j'ai touvé cette statue de vierge enceinte datant de 1865 devant l'église de Cornillon-Confoux en Provence voir http://www.cornillonconfoux.com/francais/dec2.html
Aujourd'hui elles s'affichent et donc on en fait un santon. C'est tout naturel.
15:30 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, culture, art, marie, noel, enceinte, vierge
vendredi, 15 décembre 2006
NATIVITE AVEC JOSEPH ET EVE
A propos de la dernière note sur Nativité Jésus ou Jean Baptiste ? voici ce que m’écrit Marie-France MOREL, historienne de la petite enfance,
qui vient de publier aux Editions La Martinière, Une histoire de l'allaitement, un ouvrage passionnant avec une superbe iconographie magnifiquement commentée.
« Il s’agit bien d’une Nativité du Christ, qui fait partie d’un quadriptyque comportant l'Annonciation, la Nativité, la Crucifixion et la Résurrection. Son origine est complexe, son attribution incertaine (voir note)
Deux détails sont particulièrement originaux dans cette scène de la Nativité :
1) L'attitude de Joseph qui ne lit pas mais tient son bas Cette attitude est difficile à interpréter. Il a un pied nu, posé bien en évidence devant une de ses chaussures délacée. Il tient dans ses mains un de ses bas : j'ai longtemps cru qu'il le reprisait. Mais, selon Joaneath Spicer, il est en train de découper son bas pour confectionner des langes à l'Enfant Jésus. Cette interprétation est renforcée par le fait que, dans la région d'où le peintre anonyme serait originaire, à Cologne, on vénérait une relique des langes de l'Enfant Jésus.
Cette iconographie est tout à fait singulière, mais elle fait partie de celles qui mettent en scène un Joseph actif. Cf. le livre récent de Paul Payan, Joseph, un autre père (Aubier, 2006) qui distingue 3 types de représentations de Joseph :
+ Joseph "ridicule" (ou en retrait) : en fait, il est songeur, il pense à l'Incarnation. C'est un intermédiaire entre le spectateur et la scène sacrée.
+ Joseph à genoux qui adore l'Enfant avec la Vierge.
+ Joseph actif : il fait du feu, ou il souffle sur les braises, ou il prépare la bouillie de l'Enfant, ou bien il réchauffe les langes devant le feu ; c'est le père nourricier, qui peut parfois s'identifier à un pèlerin (lors de la fuite en Egypte), avec un bâton et parfois, comme ici, une gourde sur la petite table. ![]()
Une autre représentation de Joseph actif se trouve dans une très belle Nativité allemande de Konrad von Soest, datée du XVe siècle, dans l'église paroissiale de Niederwildungen (Hesse).
Et sur cette miniature (d'un Livre d'Heures à l'usage de Troyes,début du XVème s. publiée dans l'ouvrage sur Une histoire de l'allaitement) Joseph prépare la bouillie de Jésus
2) Un autre détail original de cette scène de la Nativité est constitué par la femme au tablier, car elle porte une auréole. Selon Teresa Pérez-Higuera, La Nativité dans l'art médiéval, Citadelles & Mazenod, 1996, p.118, il s'agit d'Eve, en illustration d'un passage de l'"Evangile arménien de l'Enfance. ». ![]()
Selon cet apocryphe, Joseph sentant que Marie allait bientôt accoucher, part chercher une sage-femme. Il rencontre une femme "qui venait de la montagne" qui veut bien l'accompagner. En chemin, il lui demande son nom ; elle lui répond :
"Je suis Eve, la première mère de tous ceux qui sont nés et je suis venue voir de mes propres yeux ma rédemption qui vient de se réaliser. (…) Et notre première mère entra dans la grotte, prit l'enfant dans ses bras, et le caressa avec tendresse. Et elle bénissait Dieu parce que l'Enfant avait un visage resplendissant, aux traits ouverts et beaux. Et l'enveloppant dans ses langes, elle le déposa dans la mangeoire des bœufs, puis sortit de la grotte."
(Note) Cette Nativité du Christ fait partie d'un Quadriptyque, peint à la cour de Bourgogne aux alentours de 1400, pour le duc Philippe le Hardi ; ce retable de petites dimensions (38 x 26 cm environ, pour chaque panneau) et pliable en accordéon, aurait servi de support aux dévotions privées du duc lorsqu'il était en voyage. Le thème des six panneaux (répartis aujourd'hui entre le musée d'Anvers et celui de Baltimore) est une affirmation de la divinité du Christ incarné, d'où il découle que sa promesse de salut se réalisera. Les quatre panneaux centraux évoquent l'Annonciation, la Nativité, la Crucifixion et la Résurrection ; deux volets extérieurs montrent la divinité du Christ révélée à Jean Baptiste lors du Baptême, et saint Christophe, patron des voyageurs. En 2004, l'ensemble des six panneaux a été réuni exceptionnellement dans le cadre de l'exposition du musée des Beaux-Arts de Dijon, "L'art à la cour de Bourgogne. Le mécénat de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur (1364-1419)" (28 mai-15 septembre 2004). Le catalogue de cette exposition, publié par la Réunion des Musées Nationaux, réfute absolument l'hypothèse de l'attribution de ce chef d'œuvre à Melchior Broederlam, qui a travaillé aussi à Dijon pour le duc Philippe le Hardi. Pour le conservateur du Walters Art Museum de Baltimore, Joaneath Spicer, qui a rédigé la notice sur ce quadriptyque (p. 206-207), il faut reprendre les déductions de Panofsky qui attribue cette œuvre à un artiste anonyme de la région du Rhin inférieur ou du Rhin moyen ; cette attribution est renforcée par l'étude des nombreux détails familiers qui parsèment les scènes, et par les proportions des personnages. L'attribution à Melchior Broederlam est en revanche soutenue, sans arguments convaincants, par le Centre for the Study of XVth Century Painting in the Southern Netherlands and the Principalty of Liège (xv.kikirpa.be)
20:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, religion, art, Jésus, Jean-Baptiste, Joseph, Eve







