dimanche, 06 avril 2008

LA TOUR DE BABEL

 Le Musée du Louvre propose actuellement une exposition sur « BABYLONE », ce n’est pas une exposition facile, car les objets  sont surtout des tablettes cunéiformes, mais elle se termine par un sujet plus imagé, le mythe de la Tour de Babel. http://mini-site.louvre.fr/babylone/FR/index.html

J’en profite pour exploiter quelques pistes d’un mythe biblique que je n’ai pas traité dans mon site sur les Images de la Bible.

NAISSANCE DU MYTHE

Livre de la Genèse ch.11 1 Tout le monde se servait d'une même langue et des mêmes mots.  2 Comme les hommes se déplaçaient à l'orient, ils trouvèrent une vallée au pays de Shinéar et ils s'y établirent.  3 Ils se dirent l'un à l'autre : Allons ! Faisons des briques et cuisons-les au feu ! La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier.  4 Ils dirent : Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux ! Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés sur toute la terre !
 5 Or Yahvé descendit pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâties.
 6 Et Yahvé dit : Voici que tous font un seul peuple et parlent une seule langue, et tel est le début de leurs entreprises ! Maintenant, aucun dessein ne sera irréalisable pour eux.  7 Allons ! Descendons ! Et là, confondons leur langage pour qu'ils ne s'entendent plus les uns les autres.  8 Yahvé les dispersa de là sur toute la face de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville.  9 Aussi la nomma-t-on Babel, car c'est là que Yahvé confondit le langage de tous les habitants de la terre et c'est de là qu'il les dispersa sur toute la face de la terre

 

 « Babel » vient d’un mot akkadien qui signifie « porte de dieu ». Le mot est aussi proche du mot hébreu bâlal qui signifie « confondre, embrouiller ».    Le nom de Babel traduirait donc ce brouillage de langues. Mais  le terme Babel signifie aussi Babylone en hébreu, et il est employé souvent dans la Bible avec cette acception.

La tour de Babel biblique semble s'apparenter à une "ziggurat", probablement celle qui fut mise à jour en 1913 dans les ruines de Babylone mais on en trouve ailleurs dans de nombreuses anciennes villes mésopotamiennes.

Les ziggurats sont des tours carrées à étages,  qui dominaient chaque grande ville en Mésopotamie. Composées d’un massif de briques plein, et de plusieurs terrasses superposées, en retrait les unes par rapport aux autres elles comportaient un sanctuaire, elles manifestaient de loin le pouvoir de la ville et de son dieu.

À Babylone la première mention de la tour à étages remonte à Hammourabi. Plusieurs fois ruinée, elle fut reconstruite sous Nabuchodonosor II au VII e siècle av. J.-C. sur les vestiges de l’ancienne construction.  Lorsque les habitants de Jérusalem furent déportés à Babylone au VIème siècle av. J.-C., ils purent certainement contempler la ziggurat restaurée par leurs vainqueurs. La tour sera définitivement démolie par Alexandre le Grand en 331 av. J.-C..

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Photo d’une maquette de la ziggurat de Babylone http://bible.archeologie.free.fr/tourdebabel.html Mais le témoignage le plus vivant qui nous soit parvenu à propos de la tour de Babylone, est sans doute celui de l'historien Hérodote, qui lui consacre au Vème siècle avant notre ère un paragraphe dans ses notes de voyage  :

"Au milieu se dresse une tour massive, longue et large d'un stade, surmontée d'une autre tour qui en supporte une troisième, et ainsi de suite, jusqu'à huit tours. Une rampe extérieure monte en spirale jusqu'à la dernière tour ; à mi-hauteur environ il y a un palier et des sièges, pour qu'on puisse s'asseoir et se reposer au cours de l'ascension. La dernière tour contient une grande chapelle, et dans la chapelle on voit un lit richement dressé, et près de lui une table d'or. Mais il n'y a point de statue, et nul mortel n'y passe a nuit, sauf une seule personne, une femme du pays, celle que le dieu a choisie entre toutes, disent les Chaldéens qui sont les prêtres de cette divinité."

 
LA TOUR BIBLIQUE AU MOYEN-AGE ET A LA RENAISSANCE

Comme le texte biblique, qui est très bref, ne fournit aucune indication sur la forme ni sur les dimensions de la tour, l’interprétation iconographique a été libre durant tout le Moyen Age.

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Ces œuvres des  XIVème et XVème s .(les références des œuvres seront données dans l’album) représentent le chantier de la construction de la tour de Babel,  les ouvriers et les maçons s’affairent à tailler les pierres, et à dresser les murs. Les instruments utilisés sont simples mais le système de levage est plus recherché.

 

À la différence de ce qui est dit dans le texte de la Genèse, la construction s’effectue en pierres et non en briques. Au premier plan, un personnage coiffé d’un turban et tenant un sceptre représente Nemrod, roi légendaire considéré comme le bâtisseur de la tour. Il est vêtu comme un prince turc. Ce personnage est une invention des commentateurs du texte biblique notamment de Philon d’Alexandrie, au Ier  siècle de notre ère.

 

Alors que la tour de gauche ressemblait assez par sa forme à une ziggourat, celle de droite est plus proche d’un clocher de cathédrale. Mais on retrouve les maçons, la taille de la pierre, le roi Nemrod. Au loin à gauche on voit la grande Babylone représentée comme une ville d’Occident.

A la Renaissance, le sujet change un peu, l’accent n’est plus mis sur la construction mais sur la prouesse et la taille d’une œuvre inachevée.

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C’est Pierre Breughel, qui créa le modèle en peignant deux oeuvres très proches, l’une en 1563, l’autre en 1568. Le roi Nemrod n’est présent que sur l’un des tableaux, mais désormais la tour s’inscrit dans un paysage urbain et des activités portuaires empruntés à la réalité de l’époque. La tour, toujours en pierres et riche en éléments architecturaux (arcs, contreforts, galeries ajourées), est inachevée, mais elle monte très haut vers le Ciel qui la menace parfois de gros nuages noirs.

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Cette tour à base circulaire est inspirée du minaret de la mosquée de Samarra, mais elle s’inspire aussi du Colisée de Rome dans ses détails architecturaux. Le fait que la tour dérive du Colisée a été interprété comme le symbole de Rome, la Rome des papes assimilée par les protestants à une « nouvelle Babylone ».   Ce modèle connut un grand succès dans toute l’Europe mais plus particulièrement chez les artistes du Nord, souvent réformés.

AU DELA DE LA BIBLE

A partir du XVIIème s. la Tour de Babel perd sa référence strictement biblique pour devenir un sujet qui a sa propre existence, sans pour autant devenir totalement neutre.

La tour devient un modèle architectural.

A gauche modèle encore classique, mais déjà surréaliste pour Monsù Desiderio, pseudonyme mystérieux derrière lequel se cachent François de Nomé et Didier Barra, peintres nés à Metz à la fin du XVIe siècle, et installés à Naples pendant la première moitié du XVIIe siècle.

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A droite modèle quasiment philosophique pour ce dessin de l’architecte Étienne-Louis Boullée (1728-1799) réalisé à la fin de sa vie, modèle graphique qui s’inscrit dans les utopies des Lumières.   http://expositions.bnf.fr/boullee/arret/d5/d5-1/d5-1.htm<...  

Mais aussi pour la fameuse œuvre de Vladimir Tatline (1885-1953), le Monument à la Troisième Internationale, qui date de 1920, une maquette constructiviste qui ne se réalisa jamais.

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Tous ces projets ont en commun une certaine utopie qui renvoie au rêve de Babel, mais le projet démoniaque est inversé et devient celui de l’Utopie libératrice. La tour un simple défi de hauteur ? Toutes les tours des XIXème XXème et XXIème siècles sont de tels défis
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Depuis celle d’Eiffel jusqu’à la course actuelle entre les gratte-ciel d’Asie, Toutes les tours des XIXème XXème et XXIème siècles sont de tels défis Mais les tours ne sont pas indépendantes des villes et celles-ci suscitent à la fois peur et séduction, et renvoient à une folie de la démesure qui rappelle celle de la tour de Babel. Ainsi le film de  Fritz Lang en  1927 « Metropolis »
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ou ce dessin du Hollandais  Maurits Escher (1898-1972) qui date de 1928
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Retour à Babel ?

Je termine par un clin d’œil vers le modèle de Bruegel avec trois images trouvées par hasard sur Internet
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Un montage photographique d’une jeune artiste américaine, Julee Holcombe (née aux E.U. en 1972) qui reconstruit la tour de Bruegel à partir des gratte-ciel poussant sur les friches industrielles.

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Un faux Chagall

       

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Et une vraie illustration du texte biblique

mercredi, 16 janvier 2008

QUEL REVE POUR JOSEPH ?

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 Les œuvres sont référencées dans l’album

 

Joseph, celui du Nouveau Testament rêve deux fois. Il s’agit des textes de l’évangile selon Matthieu dans lequel Joseph joue un plus grand rôle que chez Luc.

 

Le premier songe est celui où l’ange lui révèle la future naissance de Jésus

Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ... Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint.  Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret.  Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Mt, 1, 18-21 Textes liturgiques, © AELF, Paris

Le second songe a lieu après la visite des mages

Après le départ des mages, l'ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu'à ce que je t'avertisse, car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l'enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu'à la mort d'Hérode. Mt 2, 13-15 Textes liturgiques, © AELF, Paris

Comment ces scènes ont-elles été représentées ?

Le premier rêve est une véritable « annonciation » à Joseph, comme il y a une annonciation à Marie.

08c6d65e84f215ab2a479e1236fd6141.jpgAinsi sur le tableau de Philippe de Champaigne, c’est le même ange qui se retourne, après l’annonce à Marie pour parler à Joseph. Sur cette gravure de Weigel,  comme sur cette peinture anonyme florentine on voit aussi des indices de l’annonciation, la colombe pour l’un, les fleurs blanches signe de virginité pour l’autre.

 

 

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  Le second rêve a lieu après la naissance de Jésus et il est donc représenté avec Marie, la scène est une « sainte famille ». C’est le cas de cette peinture de Rembrandt. a9aace9eb84426b098681ee6c564c2de.jpg

Comment les distinguer ?

Mais souvent les songes ne montrent qu’un ange parlant à Joseph endormi, et il est plus difficile de reconnaître lequel des rêves est représenté.

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 Le fait que l’ange réveille Joseph en le touchant est sans doute l’indice qu’il doit partir, qu’il y a danger, dans le tableau de Gandolfi, l’ange montre déjà la direction à prendre.

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Mais alors la représentation du second rêve est beaucoup plus fréquente que la première, c’est d’ailleurs un peu normal car  d’une part la théologie de l’incarnation se fonde plus sur l’annonciation à Marie que sur celle à Joseph. Et d’autre part la fuite en Egypte est un sujet bien représenté car il permet des développements narratifs, dont le rêve de Joseph est le premier élément.

 

D’autres rêves ?

Les rêves sont nombreux dans la bible, et celui du jeune Jacob est souvent mis en scène (voir http://imagesbible.jexiste.fr/FICHES/F_A_Jacob_angeS.htm<... ) mais la vision de nombreux anges voire d’une échelle devrait facilement écarter toute confusion, ce n’est pourtant pas le cas de cette peinture de Ferdinand Bol.  

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mercredi, 26 septembre 2007

LA COLOMBE TRAVERSE LA BIBLE

LA COLOMBE DE NOE

Dans la Bible la colombe est liée au récit du Déluge et de l’arche de Noé. Ce dernier qui navigue depuis 40 jours avec sa famille et toutes les espèces d’animaux, envoie la colombe pour savoir si une terre émerge des eaux, il l’enverra trois fois. La colombe accomplit une mission, elle annonce la fin du Déluge donc la nouvelle Alliance entre Dieu et l’humanité issue de Noé, alliance qui sera signifiée un peu plus tard par l’arc-en-ciel.

Les références des images sont dans l'album photos

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Genèse chapitre 8 versets 6 à 12 Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre qu'il avait faite à l'arche   et il lâcha le corbeau, qui alla et vint en attendant que les eaux aient séché sur la terre.   Alors il lâcha d'auprès de lui la colombe pour voir si les eaux avaient diminué à la surface du sol.   La colombe, ne trouvant pas un endroit où poser ses pattes, revint vers lui dans l'arche, car il y avait de l'eau sur toute la surface de la terre ; il étendit la main, la prit et la fit rentrer auprès de lui dans l'arche.   Il attendit encore sept autres jours et lâcha de nouveau la colombe hors de l'arche.  La colombe revint vers lui sur le soir et voici qu'elle avait dans le bec un rameau tout frais d'olivier ! Ainsi Noé connut que les eaux avaient diminué à la surface de la terre.  Il attendit encore sept autres jours et lâcha la colombe, qui ne revint plus vers lui.  

 

 Ce texte fondateur fait de la colombe, le signe de la vie et de la paix, un oiseau sur lequel on peut compter, elle s’oppose au corbeau qui n’avertit pas Noé de la fin du déluge. Déjà pour les Grecs le corbeau avait été envoyé par Apollon dans le monde aquatique, mais ayant découvert un arbre dont les fruits n’étaient pas mûrs, il avait attendu leur maturité et n’avait accompli pas sa mission.

 

Est-ce la colombe qui est symbole de paix ou le rameau d’olivier qu’elle porte ? Pour les Romains, l’olivier était lié à Pax (la déesse paix), avec Noé, colombe et olivier deviennent inséparables. Et lorsque Picasso reprend cette image de la colombe porteuse d’espérance et de paix pour  le Mouvement de la Paix en 1949, il y ajoute rapidement un rameau d’olivier.

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Le Mouvement de la Paix avait été créé en  1948  par les partis communistes pour rassembler les opposants à l’armement nucléaire qui était alors uniquement américain. Quand les soviétiques ont eu leur bombe, le Mouvement de la Paix a poursuivi son action dans la tradition des mouvements antifascistes d’avant guerre. En France une officine anticommuniste, « Paix et Liberté », a alors entamé une contre campagne pour dénoncer la fausse colombe soviétique, d’où une série de dessins assez cocasses.

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http://infoshare1.princeton.edu/libraries/firestone/rbsc/...

 

 

 LA COLOMBE SACRIFIEE

 

La colombe est aussi un animal qui sert au sacrifice. Dans la Bible elle est à rapprocher de l’agneau par sa blancheur, symbole de pureté, mais comme elle n’est pas chère, elle devient l’offrande des pauvres.  

Ainsi après la naissance de Jésus   Luc chapitre 2, versets  22 à 24 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l'emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,  selon qu'il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur,   et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes  

Mais comme ces offrandes sont des réactualisations de l’Alliance, on retrouve dans une certaine mesure, la signification de la colombe de Noé. Cela explique qu'au Cantique des cantiques la communauté, la bien-aimée, soit appelée ma colombe (Ct 5, 2).  

 

LA COLOMBE Du SAINT ESPRIT

 

C’est avec le baptême de Jésus que la colombe devient représentation de l’Esprit de Dieu. Baptême de Jésus par Piero della Francesca Selon Matthieu chapitre 13 verset 16 Ayant été baptisé, Jésus aussitôt remonta de l'eau ; et voici que les cieux s'ouvrirent : il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

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Les autres évangélistes utilisent la même image.

Marc : « l'Esprit comme une colombe »  

Luc : « l'Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe »

Jean : « J'ai vu l'Esprit descendre, tel une colombe venant du ciel »

 

Pourquoi cette image ? Sans doute parce que  on en est venu à considérer que la légèreté de cet animal représentait ce que l'homme avait en lui d'impérissable, son âme. Le psalmiste  s'écrie : « Ne livre pas à la bête l'âme de ta colombe! » (psaume 74). Dans la tradition chrétienne, on va s'appuyer sur l'analogie  et on va considérer que la colombe peut évoquer « L'âme de Dieu », le Saint-Esprit, qui vient sur la terre.  

 

La colombe étant désormais l’image de l’Esprit de Dieu, elle est systématiquement utilisée dans l’iconographie chrétienne

Pour l’Annonciation à Marie, il n’y a aucune mention de colombe dans le texte :    Luc chapitre 1 versets 35 « L'ange lui répondit : "L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. », Mais la venue de l’Esprit est toujours représentée par une colombe.   

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Cette présence de la colombe sera reprise dans certaines images de l’Immaculée conception, qui ne concerne pas Jésus mais  la conception sans péché de Marie,  c’est le cas chez Tiepolo, mais la célèbre Immaculée conception de Murillo est sans colombe.

 

  

 

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Pour la Pentecôte comme pour l’Annonciation, il y a interprétation du texte des Actes chapitre 2  « Ils virent apparaître des langues qu'on eût dites de feu ; elles se partageaient, et il s'en posa une sur chacun d'eux.  Tous furent alors remplis de l'Esprit Saint et commencèrent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. » La scène est alors représentée avec des langues de feu mais presque toujours aussi avec la colombe de l’Esprit, c’est d’elle que parfois émanent les langues de feu.  

En dehors des scènes bibliques les théologiens et artistes prennent systématiquement la colombe lorsqu’il s’agit d’évoquer l’Esprit saint.198a647d247d14c7230d99f5de4711ea.jpg

Dans la représentation de la Trinité, la colombe est toujours avec Dieu Père et le Christ en croix.

 

 

 

 

 

La colombe inspire les saints et les docteurs de l’Eglise, en leur parlant à l’oreille, et on trouve même Martin Luther surmonté de la colombe dans une gravure de Baldung.  

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Et pourtant cette assimilation de la colombe avec l’Esprit de Dieu ne s’est pas faite sans problème, car pour les Chrétiens de l’Antiquité, la colombe était aussi l’emblème de Vénus. Et certains ont eu du mal à admettre sa christianisation.

 

 

COLOMBE DE VENUS

 

Les peuples sémites d’Orient assimilèrent la colombe à Astarté, déesse de la fécondité, et les Grecs mirent des colombes dans les temples d’Aphrodite. C’est ainsi que la colombe devint l’oiseau de Vénus dans l’empire romain.

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Ce symbolisme est évidemment issu de la beauté et de la grâce de cet oiseau, de sa blancheur immaculée, de la douceur de son roucoulement. Ceci dit les représentations de Vénus accompagnée d’une colombe ne sont pas si nombreuses dans l’antiquité.

Et dans la peinture classique, la colombe est souvent présente lorsque Vénus et Mars représentent  un couple fidèle.

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En conclusion la colombe est bien l'image de l'amour et de la paix.