vendredi, 06 mars 2009
ZURBARAN A GRENOBLE
Je suis passé récemment à Grenoble et suis allé au Musée. Je crois que Grenoble est la première ville de province à avoir construit un grand musée moderne pour abriter ses collections, c'était en 1994. Le bâtiment est très fonctionnel et les collections superbes.

Je savais que le musée possédait quatre tableaux de l'Enfance du Christ de Zurbarán: l'Annonciation, l'Adoration des mages, l'Adoration des bergers, et la Circoncision. Peints entre 1637 et 1639 pour la Chartreuse de Jerez de la Frontera (Andalousie) ils forment aujourd'hui un des ensembles les plus remarquables de peinture espagnole en France. C'est une donation du général de Beylié, qui les avait achetés en 1901.
Francisco de Zurbarán est né en 1598, il est de la même génération que Velasquez et Cano. Peintre sévillan il devient vite célèbre pour ses peintures religieuses. Porté d'abord vers une peinture sombre aux contrastes violents, il évolue vers plus de couleur après son voyage à Madrid de 1634, où il rencontre Velasquez mais aussi Guido Reni.
Peintre du Roi en pleine gloire , Zurbarán peint onze tableaux pour le retable du maître autel de la Cartuja Nuestra Señora de la Defensión de Jerez de la Frontera. Commandés en 1636, ils sont achevés en 1639-1640, et parmi eux l'on trouve les quatre oeuvres de Grenoble. (Voir l'album ci contre Toutes les images proviennent de la base Joconde)

Je trouve ces oeuvres d'une richesse exceptionnelle car on peut trouver en dehors du sujet qui est traité de façon assez traditionnelle des portraits, des natures mortes, des étoffes, des architectures... Je trouve cependant que si l'Annonciation, est vraiment traditionnelle, (mais quelle douceur mais aussi quelle distance dans le visage de Marie, fière espagnole, acceptant la Parole divine), la Circoncision est traitée comme telle, sans mélange avec la Présentation au Temple et que Marie en est absente comme il convient à ce rite masculin.

C'est l'Adoration des Mages que je préfère, les manteaux sont à la fois des masses colorées et des volumes géométriques qui structurent l'espace. Quant à l'échange entre le vieux mage et l'enfant Jésus, rien n'est plus beau ni profond.

20:01 Publié dans art | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : zurbaran, nativité, mages, circoncision, annonciation
dimanche, 10 décembre 2006
NATIVITE JESUS OU JEAN BAPTISTE ?
La Nativité célèbre généralement la naissance de Jésus mais pourquoi pas d’autres naissances ?
Au cours de mes recherches iconographiques j’ai rencontré cette œuvre de Melchior BROEDERLAM, une tempera sur panneau de bois datant de 1394 et qui se trouve au Musée Mayer van den Bergh à Anvers. Le titre en est « La Nativité » qu’il faut donc comprendre comme la naissance de Jésus. Il s’agit d’une représentation traditionnelle de l’accouchement de la Vierge avec la sage femme.
(voir sur mon site http://imagesbible.com/FICHES/F_NT_nativite.htm )
On trouve les éléments classiques de cette scène : l’âne et le bœuf, les anges dans le ciel, la représentation de Dieu le Père est plus originale, mais celui qui pose problème est Joseph.
Joseph est toujours représenté dans cette scène d’accouchement mais il est souvent mis dans un coin, sans occupation. Certains y on vu une sorte de bouderie devant cette paternité putative, il vaut mieux comprendre l'attitude comme une méditation. Mais ce n’est pas le cas ici où on le voit occupé à écrire sur un rouleau et il semble que la Vierge soit intéressée par ce qu’il écrit.
Nativité, GUIDO DA SIENA, huile sur bois, Musée du Dôme, Sienne
Or il existe une naissance où le père est précisément en train d’écrire, c’est celle de Jean le futur Baptiste dont le père est le prêtre Zacharie. En effet dans l’Evangile selon Luc quand l’ange annonça à Zacharie qu’il allait avoir un fils, il ne le crut pas et fut puni, en restant muet, jusqu'à la réalisation de la promesse Lc 1,18-23. Aussi pour donner le nom de l’enfant, au moment de la circoncision, il est obligé de l’écrire, et «à l’instant même sa bouche s’ouvrit et sa langue se délia ». Lc 1, 59-66
La présence de Zacharie, le père de l’enfant, qui écrit sur une tablette ou une feuille est donc un élément caractéristique de cette scène de naissance et évite de la confondre avec celle de Jésus ou celle de Marie.
Cidessus Naissance de Jean Baptiste par Jean Fouquet, Heures d’Etienne Chevalier, Musée Condé, Chantilly http://expositions.bnf.fr/fouquet/grand/f097.htm
La scène du bain prend un relief particulier pour Jean le futur baptiste. Zacharie est à droite, c’est la Vierge qui tient l’enfant.
La question est donc de savoir si le tableau de Melchior BROEDERLAM représente la naissance de Jésus avec un Joseph confondu avec Zacharie, ou s’il s’agit de la naissance de Jean le Baptiste avec des attributs de celle de Jésus ? La première hypothèse me semble plus pertinente mais le pourquoi reste entier. Qui a des lumières sur ce sujet ?
Quelques images d’illustration
D’abord deux nativités de Jean où Zacharie est bien en train d’écrire
A droite La dénomination de ST Jean, FABRITIUS, 1650, huile sur toile, National Gallery, Londres
http://www.nationalgallery.org.uk/cgi-bin/WebObjects.dll/...
Dans l'évangile de Luc la scène se passe en deux temps, d'abord la naissance puis 8 jours après, la circoncision et c'est alor que Zacharie écrit le nom de l'enfant. Cette double scène peut donner deux tableaux voisins ou un montage comme chez GIOTTO.
A droite Zacharie écrit le nom de son fils ; GHIRLANDAIO, 1486-90, fresque, Santa maria Novelle, Florence http://gallery.euroweb.hu/art/g/ghirland/domenico/6tornab...
08:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : christianisme, noel, jesus, jean baptiste, iconographie, nativité







